Pfiou, et ben, quel drôle de sabbat ! Étant donné que j’avais prévu beaucoup de choses pour aujourd’hui, je me suis dit qu’il valait mieux fêter Imbolc hier, ce que j’ai fait, et heureusement ! J’ai été complètement à plat aujourd’hui, et plutôt mal, ma santé me joue des tours… Mais petite satisfaction, surprise inattendue : la neige ce matin en me levant ! un vrai ravissement. Voici donc un petit récit de mon sabbat. Oh finalement, c’est un grand récit ! Merci aux courageux qui liront !
J’ai commencé hier après-midi par une “purification” de ma chambre (appart’) : aération et passage de l’aspirateur partout, surtout un bon coup sur la moquette (terrible ça pour nettoyer). C’était un bon moyen de me mettre dans l’esprit du sabbat, en commençant par la purification. Ensuite j’ai ouvert mon grimoire à ma table et j’ai rédigé le “plan” de mon sabbat comme ça me venait. Ce que j’avais envie de faire, qui correspondait à Imbolc… Je prévoyais notamment de coudre une petite poupée d’Imbolc, mais je n’y “arrivais” pas : je n’étais pas inspirée, ça ne venait pas. Alors que tout d’un coup, en regardant le vieux haut qui me sert à emballer mes pierres, je me suis dit que ça serait super d’en faire un “crane bag”. Du coup je me suis lancée illico : j’ai découpé le débardeur en deux, et j’ai cousu la première partie pour en faire un petite sac (la bretelle sera très pratique pour fermer). Étonnant que je me sois lancée ! Il ne manquera plus que de coudre un petit bout de bois (les boutons en longs) pour pouvoir fermer (enrouler le cordon autour). Aussi, j’ai de quoi en faire un deuxième plus tard, et je pourrais trouver de quoi décorer.
La suite, ce qui est la célébration “en soi”, je la fais plutôt le soir. C’est une habitude. Souvent d’ailleurs, je commence par une douche “rituelle”. Je mets des guillemets car il ne s’agit aucunement de prendre des huiles, de réciter des formules ni quoi que ce soit. C’est quelque chose de très simple, juste une façon différente de prendre ma douche : focaliser mon attention sur l’eau qui coule le long du corps pour visualiser la purification, et méditer là-dessus, sur le sabbat, sur ce que je vais entreprendre, ou vider l’esprit… c’est selon. Il s’agit de se laisser aller tout en gardant la purification à l’esprit. Après, je suis plus concentrée, je suis en “l’état”, l’esprit du sabbat. Plus facile de se mettre à “pratiquer”.
Ensuite donc, une fois de retour dans la pièce, j’ai choisi de dresser un autel sur mon bureau qui resterait en l’état la soirée et le lendemain. Un foulard bleu à motifs floraux offert par Fedelma en guise de nappe ; des bougies ; mon pentacle avec mon totem de protection runique en charge ; de l’encens de santal ; mon dessin ; une représentation de la déesse faite par une amie ; des prières imprimées… et mon grimoire, pour suivre le déroulement et noter mes commentaires. J’ai ouvert la célébration en allumant mon encens de santal, et en récitant la prière trouvée chez Lunaë (voir ici), qui m’a vraiment parlé . J’ai choisi de la déclamer deux fois (face à ma porte d’entrée) pour bien m’en imprégner, et c’était assez émouvant. Pour poursuivre cette idée j’ai allumé ma première bougie (verte) pour symboliser Imbolc.
Après cela, je me suis “occupée” de moi. Moment intense de recueillement, comme tous mes sabbats, mais particulièrement celui-ci puisque je sors à peine (et ça n’est pas entièrement le cas) d’une période de trouble. J’ai allumée une bougie de couleur gaie pour me représenter (orange) et j’ai entrepris de méditer sur moi-même. Les épreuves traversées, la sérénité que je cherche pour les dépasser complètement, surtout que d’autres se préparent. J’ai pris mon bâton de pluie pour accompagner cette méditation, qui s’est elle-même accompagnée de visualisation : tenter de bien visualiser la lumière du soleil renaissant pour synchroniser ma propre énergie, puiser une force à la fois extérieure et en moi pour me renforcer. J’ai également médité sur la renaissance, car c’est le bon moment. Il est temps, il est toujours temps d’ailleurs puisqu’on renaît constamment. Je me suis également focalisée sur une métaphore personnelle de la renaissance, qui m’a valu une belle visualisation. Ensuite j’ai stoppé le rythme du bâton de pluie et j’ai vidé mon esprit pour marquer une pause et passer à l’étape suivante.
Il fallait bien que je réfléchisse sur mon initiation, non seulement car Imbolc est un excellent seuil, mais aussi car c’est mon premier sabbat sous un jour différent puisque j’ai entamé ma formation de prêtresse. Premier sabbat sous le signe de ces nouvelles réflexions. Une méditation sur ce que j’ai fait depuis le début, ce qui a changé, ce qui me bloque, ce qui s’est au contraire libéré… J’ai visualisé l’évacuation des tensions et des problèmes présents, car je sais qu’il faudra du temps pour les résoudre. Notamment, cette histoire de “sol” me travaille beaucoup : je ne sais pas si je pourrais faire quoi que ce soit ici, en région parisienne, car l’appel de la Terre me paraît… moins fort, ou obstrué par la ville, les gens. Mais peut-être que ça ne demande qu’à être démontré ! Il faudra que j’en discute avec d’autres païens d’ici. D’ailleurs, il est remonté dans ma mémoire des souvenirs : mon adolescence (à partir 12ans) qui a vu se réveiller mes facultés, m’a poussée à explorer le coin, et j’ai des endroits qui m’attirent irrésistiblement, dont un bosquet juste à 100mètres de ma maison qui m’a procuré des expériences uniques. Le temps m’en apprendra plus…
Cette réflexion sur mes croyances/pratiques m’a menée à reconsidérer à nouveau le poids du sacré et du profane dans ma vie. J’ai beau chercher encore mes marques, il est clair que j’ai besoin du sacré dans ma vie, que cela en fait partie intégrante puisque je cherche à canaliser tout ce qui se manifeste en moi depuis des années (empathie, flashs, etc) et à renouer avec la Terre. Le problème est qu’aujourd’hui pour nombre de païens le mot d’ordre est : “pour vivre heureux vivont cachés”. Or je me rends bien compte que ça me coûte de devoir camoufler, que j’ai besoin de ne pas séparer les deux sinon je me renie, puisque tout ça ne fait qu’un pour moi. Mes facultés que les gens appellent “paranormales”, ne sont pour moi que le potentiel humain “normal”, quotidien, pour qui y prête attention. Tout ça fait partie de moi et je ne peux pas sortir dans la rue et être une Valiel “normale”, pour reprendre le cours de mes pensées spirituelles une fois à la maison. Non ça ne marche pas comme ça, toutes mes réflexions se nourrissent, se poursuivent toutes la journée, tout comme mes flashs se produisent aussi en cours, ne s’arrêtent pas quand je pénètre l’enceinte de mon établissement. J’ai besoin de cet équilibre, je le sais, je le sens, et je vais m’appliquer à le trouver. D’ailleurs, je me cache de moins en moins à ma famille, et même si j’ai peur de leur regard ça me soulage un peu : mon tableau “spirituel” sur ma commode, pouvoir demander à ma sœur de m’acheter comme cadeau de Noël une boule de cristal, à mon père des livres sur les runes… Ça me fait bizarre car je me suis toujours cachée, mais je crois que ça passe bien. J’ai effectué une visualisation de l’union de ces deux domaines, deux spirales de couleur différentes qui s’entremêlaient. Étrange sensation après ça. Je pense que j’ai ressenti la lenteur du combat. Mais la lumière est là.
J’ai alors voulu entreprendre une petite danse, qui a été très surprenante au bout du compte ! J’ai pris mes petits hochets chamaniques (deux petites maracasses rondes qui tiennent dans la main), un dans chaque main, et j’ai secoué doucement tout en m’agitant. J’ai accéléré progressivement le rythme, puis de plus en plus vite comme j’ai lu qu’on pouvait le faire pour activer une transe. Je bougeais très rapidement et d’un coup j’ai tout stoppé net, me renversant près du sol (les pieds par terre, le corps à la renverse, plié en deux), les mains avec les maracasses au sol. J’ai fait le vide. Et là quelque chose s’est produit tout seul : je me suis concentrée sur mes pieds, qui devenaient comme plus lourds, et je les ai sentis prendre racine. Alors j’ai poursuivi la sensation mentalement, et j’ai visualisé les racines qui poussaient dans le sol. Ensuite j’ai recommencé à secouer doucement les maracasses pour m’accompagner. Je devenais un arbre. De la graine poussaient des ramifications, je prenais racine. Alors j’ai agité un peu plus fort les hochets, les remontant le long de mes jambes pour accompagner la visualisation et la sensation de la sève qui montait, nourrissant un arbre de plus en plus grand (je me dépliais au fur et à mesure), tandis que les pieds/racines continuaient à puiser de la force dans la Terre. Je me déroule, je vis, je grandis, mes branches se déroulent aussi, se déploient progressivement vers le ciel. Je sens mes pieds bien attachés, profondément reliés à la Terre tandis que me bras se tendent vers le ciel et captent l’énergie et la chaleur du soleil. Alors je me mets à me balancer sur moi-même, de gauche à droite, en tournant légèrement : le vent se lève et m’agite doucement (bercement des maracasses). De plus en plus fort en réalité, je bouge beaucoup, toujours plus fort, avec le bruit intense du vent ; la tempête se lève, me malmène, je me courbe et je m’abîme… Je suis arrachée ? Brisée ? Je ne sais pas, je ne suis plus rien. Mais mes pieds sont profondément ancrés dans le sol pourtant. Et ils puisent, oui, ils continuent à puiser, et je renais doucement. Je suis un cycle positif qui traverse les épreuves des tempêtes, la vie revient toujours. Car je puise ma force de tous les côtés : du sol dans lequel je suis définitivement ancré, mais aussi du soleil, et de moi-même.
Cette “danse”… je ne sais pas comment l’appeler, s’est déroulée très vite je pense. Mais c’était… très beau, tellement spontané, et donc tellement intense. Une belle leçon d’Imbolc.
Après cela, j’ai procédé à mes habituelles prières nominales. J’ai allumé une bougie pour une amie qui habite loin, j’ai prié pour elle, j’ai visualisé le lien qui nous unit, et je lui ai envoyé toute la lumière que je pouvais comme un grand faisceau. Ensuite j’ai allumé une grosse bougie commune pour deux autres amis avec lequel j’ai entrepris une sorte de chaîne de prières pour nous aider dans les épreuves que nous traversons. Nous en avons élaboré une en commun et je l’ai récité un certain temps, avec à l’appui des photos d’eux pour produire une forte visualisation. J’ai voulu magnétiser l’un deux, mais j’ai senti que les vibrations étaient étranges, alors je n’ai pas forcé.
Voilà pour ma célébration. Ce soir j’ai pris un petit flacon pour récupérer de la neige, car j’ai lu qu’on pouvait s’en servir à l’Imbolc suivant pour nettoyer des objets, ou même ses mains, en une purification rituelle. et puis c’était tellement beau qu’il neige aujourd’hui, je ne pouvais pas rater l’occasion. Joyeux Imbolc à toutes (et à tous) !
Joyeux Imbolc à toi aussi, chère Valiel ! C’est un peu tard, j’en conviens, mais je crois que l’esprit d’Imbolc est toujours présent et le sera encore un bon petit moment.
Ce sabbat a réellement été particulier pour beaucoup d’entre nous, et ta danse/trance m’a beaucoup touchée, je la trouve magnifique et remplie de symboles et d’espoir. C’est fou ce que les sons, ceux qui nous sont chers, ceux qui bersent nos esprits ou au contraire les animent, peuvent nous faire voyager de merveille en merveille. Ca me rappelle un peu mes trances au son du bodhràn… On ne fait plus qu’un avec ce battement, ce rythme entêtant, qui nous emmène vers des contrées que l’on ne soupçonnait pas.
Quoi qu’il en soit, je vois que tu as eu un excellent Sabbat et que la lumière revient doucement sur toi. J’en suis si heureuse ! Imbolc est réellement le temps de la renaissance et du retour à la lumière, et cette année plus que toute autre j’ai l’impression…
Pour ce qui est de l’adage “pour vivre heureux, vivons cachés”, après tout, ce n’est pas parce que c’est la coutume générale qu’il faut la suivre également ^^ Sois toi-même, vis ta spiritualité, si tu es honnête avec toi même et avec elle, de toute façon les gens comprendront
Je te souhaite encore un joyeux Imbolc !
Bises
Yuna
PS : J’ai tout lu
Je suis courageuse hein ? Quoi qu’on ne peut pas vraiment parler de “courage” lorsque l’on prend du plaisir à lire un écrit 
PS 2 : Ha ouais, nettoyer la moquette, c’est vraiment une cata, j’ai donné aussi pendant 4 ans dans mon ancien studio >.<
Oui j’ai lu beaucoup de récits de sabbats différents, mais ils ont tous une dimension bien supérieure à ce qui a pu se passer depuis… Lammas. Je cherche effectivement à travailler la transe, et à chercher les sons qui me font le plus d’effet. J’ai mes maracas, donc je pratique beaucoup avec elles (surtout qu’elles sont deux, comme les deux polarités des chamans qui travaillent avec une pierre dont j’ai oublié le nom).
Merci pour tes mots.